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Logiciel excel comptabilité gratuit : comment structurer la gestion comptable d’une petite holding

Logiciel excel comptabilité gratuit : comment structurer la gestion comptable d’une petite holding

Logiciel excel comptabilité gratuit : comment structurer la gestion comptable d’une petite holding

Une petite holding qui démarre, c’est souvent un fichier Excel, un compte bancaire… et beaucoup de bonne volonté. Pas toujours un logiciel comptable à 80 €/mois. La question est donc simple : peut-on sérieusement structurer la comptabilité d’une holding sur un logiciel Excel gratuit, sans finir en PLS devant son expert-comptable ou un contrôleur fiscal ? Oui, à condition de le faire proprement.

On va voir ensemble comment bâtir un fichier Excel de compta spécial holding : structuré, exploitable par un cabinet comptable, et surtout compatible avec vos obligations juridiques et fiscales.

Ce qui rend une petite holding différente d’une « simple » entreprise

Avant de parler tableaux croisés dynamiques et formules, il faut rappeler ce qui fait la spécificité d’une holding, même très modeste :

Autrement dit : moins de volume de pièces, mais plus de subtilités juridiques et fiscales. D’où l’intérêt d’un Excel propre, logique et documenté. Le but n’est pas de se substituer au logiciel comptable de l’expert-comptable, mais de structurer toutes vos données pour qu’il puisse les intégrer sans perdre une demi-journée à démêler vos exports bancaires.

Excel pour la comptabilité d’une holding : quand c’est pertinent… et quand ça ne l’est plus

Excel (ou LibreOffice Calc, Google Sheets, peu importe) peut suffire dans plusieurs cas :

En revanche, Excel devient clairement risqué si :

Dans ces cas, Excel peut servir de tableau de pilotage, mais pas de socle de tenue comptable. Vous avez tout intérêt à passer sur un logiciel dédié ou à déléguer complètement la tenue à votre cabinet.

Les onglets indispensables d’un fichier Excel pour holding

Passons au concret. Si vous partez de zéro, voici une structure d’onglets simple, mais efficace, pour une petite holding :

Vous pouvez évidemment en ajouter, mais si déjà ces sept onglets fonctionnent bien, vous aurez une base saine.

Structurer le journal comptable : le cœur du fichier

L’onglet « Journal » doit ressembler un minimum à un journal comptable classique pour être exploitable par un cabinet. Une structure de base :

Astuce de survie : ajoutez en bas de tableau une ligne de contrôle avec la formule suivante :

=SOMME(plage_débits) - SOMME(plage_crédits)

Si le résultat n’est pas à zéro, vous savez que vous avez une écriture bancale. C’est votre garde-fou minimum.

Un plan comptable simplifié spécial holding

Une petite holding n’a pas besoin d’un plan comptable ultra-détaillé dès le départ. L’objectif est la lisibilité. Quelques comptes clés à prévoir (adaptables à votre PCG et à votre expert-comptable) :

Rangez ce plan dans l’onglet « Paramètres », avec une liste déroulante dans votre journal pour limiter les fautes de frappe. Un compte mal tapé, c’est une balance qui part en freestyle.

Suivre les flux bancaires sans devenir fou

L’onglet « Banque » sert à faire le lien entre la réalité (le relevé bancaire) et votre comptabilité (le journal). Une structure simple :

La méthode :

En fin de mois, faites un petit contrôle :

Gérer les comptes courants d’associés et flux intra-groupe

Pour une holding, les comptes courants d’associés et les flux intra-groupe sont souvent le sujet sensible. Mal suivis, ils peuvent être requalifiés en distributions déguisées ou en rémunération. Là, Excel peut devenir votre meilleur allié… ou votre pire ennemi.

Dans l’onglet « Intra-groupe », créez au minimum :

Vous pouvez ensuite utiliser une formule de type SOMME.SI.ENS pour calculer automatiquement le solde des comptes courants par filiale ou par associé. Exemple :

=SOMME.SI.ENS(Montant; Filiale;"Filiale A"; Sens;"De la filiale vers la holding") - SOMME.SI.ENS(Montant; Filiale;"Filiale A"; Sens;"De la holding vers la filiale")

L’objectif : être capable, à tout moment, de répondre à la question « Qui doit combien à qui ? » sans passer deux heures à refaire les calculs.

Dividendes : ne pas se perdre entre juridique, fiscal et comptable

Les dividendes, c’est le moment agréable pour les associés… mais nettement moins pour celui qui doit gérer le traitement comptable et fiscal. Un onglet dédié « Dividendes » vous évite les oublis.

On peut y suivre :

Même si l’expert-comptable gère les déclarations, avoir ce tableau permet :

Immobilisations & titres : le coffre-fort du fichier

Dans une holding, l’onglet « Immobilisations & titres » sert essentiellement à suivre :

Structure minimum :

Cet onglet n’a pas vocation à remplacer un tableau officiel d’immobilisations, mais il permet :

Mettre en place quelques contrôles simples (mais salvateurs)

Un fichier Excel de compta sans contrôles, c’est une zone de non-droit. Vous pouvez vous épargner beaucoup de sueur froide en ajoutant quelques vérifications automatiques :

Ces quelques garde-fous vous évitent de transmettre à votre expert-comptable un fichier incohérent. Et accessoirement, ils font bonne impression en cas de contrôle.

Les erreurs classiques à éviter avec un fichier Excel « maison »

Excel est un outil puissant… mais aussi très tolérant avec les erreurs humaines. Quelques pièges à éviter absolument :

Pour limiter la casse, verrouillez au maximum :

Le volet juridique & fiscal : ce qu’Excel ne fera jamais à votre place

Un point essentiel : Excel peut vous aider à renseigner et à suivre, mais il ne remplacera jamais :

En clair, même avec un fichier Excel parfaitement ficelé, vous avez tout intérêt à :

Votre fichier servira alors de base solide pour alimenter ces échanges sans perdre de temps à reconstituer l’historique des flux.

À partir de quand basculer vers un « vrai » logiciel de compta ?

Le moment où Excel montre ses limites n’est pas strictement défini par un seuil de chiffre d’affaires. Il tient plutôt à une combinaison de facteurs :

À ce moment-là, le coût d’un logiciel comptable ou d’une externalisation accrue devient largement compensé par le temps gagné, la fiabilité accrue, et la réduction du risque (comptable, juridique, fiscal).

En attendant ce stade, un fichier Excel bien pensé reste un excellent compromis pour une petite holding : léger, gratuit, personnalisable… à condition d’être construit avec rigueur, de respecter la logique comptable, et d’accepter qu’il n’est qu’un outil, pas un bouclier magique contre le droit fiscal.

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