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Fiscalité de la holding en France : régimes mères-filles, intégration fiscale et dividendes

Fiscalité de la holding en France : régimes mères-filles, intégration fiscale et dividendes

Fiscalité de la holding en France : régimes mères-filles, intégration fiscale et dividendes

Créer une holding pour « optimiser la fiscalité », c’est un peu le marronnier des dîners entre entrepreneurs. Tout le monde en parle, tout le monde a un cousin qui « a mis sa boîte en holding », mais peu savent réellement comment fonctionnent les régimes fiscaux qui font l’intérêt de cette structure.

En France, trois sujets font la pluie et le beau temps dans la fiscalité des holdings :

Autrement dit : comment faire circuler la valeur dans un groupe sans que le fisc ne vienne se servir à chaque étage comme à un buffet à volonté.

À quoi sert une holding sur le plan fiscal ?

Avant de plonger dans les régimes mère-fille et intégration, posons le décor. Une holding, ce n’est pas une baguette magique fiscale. C’est une société (souvent à l’IS) qui détient des participations dans d’autres sociétés (les filiales).

Ses fonctions principales :

Sur le plan fiscal, l’idée est simple : éviter que chaque euro distribué entre sociétés ne subisse une taxation pleine à chaque étage. C’est précisément là qu’interviennent les régimes mères-filles et d’intégration fiscale.

Le régime mère-fille : la colonne vertébrale de la holding

Le régime mère-fille est LE mécanisme de base qui rend la holding intéressante en France. Il permet d’éviter que les dividendes versés par une filiale à sa holding soient taxés comme un revenu classique.

En version brute :

La différence peut être gigantesque sur des montants importants.

Conditions pour bénéficier du régime mère-fille

Évidemment, l’administration ne saupoudre pas ce régime gratuitement. Pour qu’une holding bénéficie du régime mère-fille, il faut réunir quatre conditions principales :

Si ces conditions sont respectées, les dividendes reçus par la holding sont quasiment exonérés d’IS. Concrètement, sur 100 000 € de dividendes remontés d’une filiale :

Autrement dit, la holding récupère 98 750 € nets. Pas mal pour un mécanisme purement juridique.

Régime mère-fille : ce qu’il ne fait PAS

Important : le régime mère-fille ne concerne que les dividendes versés entre sociétés. Il ne change rien au moment où :

Autrement dit, ce n’est pas un régime d’optimisation « perso », c’est un régime de non-double-imposition intra-groupe. Il sert à faire circuler la valeur entre les sociétés, pas à réduire votre fiscalité personnelle.

L’intégration fiscale : le mode « groupe » avancé

Si le régime mère-fille est la fonction de base, l’intégration fiscale, c’est le mode « expert » de la holding. Il permet de faire imposer l’ensemble des sociétés du groupe comme si elles ne formaient qu’un seul contribuable.

En pratique, c’est la holding qui devient « société tête de groupe ». Elle calcule un résultat fiscal unique en agrégeant les résultats des filiales intégrées :

Idéal quand vous avez des structures hétérogènes : une société très rentable, une autre en phase d’investissement qui génère des pertes fiscales, un véhicule d’acquisition très endetté, etc.

Conditions pour l’intégration fiscale

L’intégration fiscale est plus exigeante que le régime mère-fille. Les principales conditions :

On n’appuie donc pas sur le bouton « intégration » juste pour voir l’effet que ça fait ; c’est une stratégie de groupe à moyen terme.

Les principaux avantages de l’intégration fiscale

Une fois en place, l’intégration peut être très puissante :

Exemple simplifié :

Sans intégration, vous payez de l’IS sur 1 000 000 € dans A et vous gardez les pertes de B pour plus tard. Avec intégration, l’IS ne porte que sur 400 000 € au niveau du groupe.

Mère-fille ou intégration fiscale : faut-il choisir ?

On oppose souvent les deux régimes, mais ce n’est pas une vraie opposition :

En pratique :

La question n’est donc pas « l’un ou l’autre », mais : « mon groupe est-il assez structuré, stable et homogène pour passer à l’intégration ? ».

Dividendes vers les associés : le retour au monde réel

Côté fiscalité, le paradis s’arrête dès que l’argent quitte la sphère des sociétés pour aller nourrir la sphère personnelle.

Quand la holding verse des dividendes à ses associés personnes physiques (vous, par exemple), on revient au régime classique :

Autrement dit, le fait d’avoir une holding n’élimine pas la fiscalité personnelle sur les dividendes. Elle la repousse dans le temps et permet de capitaliser dans la sphère société, mais dès que vous « tirez » pour votre compte personnel, la facture tombe.

C’est néanmoins un levier stratégique : tant que les dividendes restent dans la holding, ils peuvent servir à :

Dividendes internes : comment circuler la trésorerie intelligemment

La grande force de la holding, c’est de pouvoir transformer des dividendes taxés à 25 % dans la filiale en carburant disponible au niveau de la holding pour d’autres projets, sans subir une seconde couche d’IS plein pot.

Scénario typique :

Résultat : la holding dispose de 296 250 € pour réinvestir, avec une fiscalité globale très raisonnable par rapport à une distribution directe aux personnes physiques (qui aurait déclenché le fameux 30 %).

Quand la holding ne tient pas ses promesses fiscales

On voit pourtant beaucoup de holdings créées « pour optimiser »… et qui n’apportent strictement rien, voire compliquent la vie.

Quelques cas fréquents :

Une holding doit répondre à un besoin stratégique : structurer un groupe, organiser une transmission, financer des acquisitions, gérer plusieurs activités… La fiscalité doit être un levier, pas la seule raison d’être.

Points de vigilance : ce que l’administration n’aime pas voir

La fiscalité des holdings est un terrain de jeu connu des montages agressifs. L’administration aussi le sait. Quelques signaux qui attirent l’attention :

En pratique, mieux vaut que la holding ait un minimum de substance :

Comment articuler juridiquement et fiscalement sa holding

Au-delà des régimes mère-fille et intégration, quelques axes de réflexion à avoir dès la conception :

La fiscalité doit être intégrée à la réflexion, mais ne doit pas être la seule boussole. Une holding mal pensée mais fiscalement « optimisée » peut devenir un cauchemar à gérer ou à transmettre.

Quand faire appel à un expert (et pour quoi)

Sur le papier, régime mère-fille et intégration fiscale paraissent relativement simples. Sur un cas réel, avec plusieurs sociétés, un LBO, des associés aux profils différents et des enjeux de transmission, tout se complique très vite.

Les moments où il est généralement judicieux de se faire accompagner :

Un bon conseil en amont coûte souvent moins cher qu’une restructuration à froid ou qu’un redressement bien senti quelques années plus tard.

En résumé : la holding est un formidable outil de pilotage fiscal et juridique, à condition de l’utiliser pour ce qu’elle est vraiment : une structure de groupe. Le régime mère-fille sécurise et allège la remontée des dividendes, l’intégration fiscale permet une vraie gestion globale des résultats, et l’ensemble doit être aligné avec une stratégie d’investissement, de croissance ou de transmission. Le reste, ce sont des coquilles vides et des promesses de comptoir.

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