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Choisir un statut juridique pour son entreprise : les critères clés avant de créer une holding

Choisir un statut juridique pour son entreprise : les critères clés avant de créer une holding

Choisir un statut juridique pour son entreprise : les critères clés avant de créer une holding

On parle beaucoup de holding comme de la baguette magique de l’optimisation patrimoniale et fiscale. Mais avant de créer votre empire multi-sociétés, il y a une étape souvent bâclée : le choix du premier statut juridique. Et là, pas de mystère : si le socle est bancal, la holding au-dessus sera… bancale aussi.

Votre forme juridique de départ conditionne la façon dont vous pourrez, demain, structurer un groupe, remonter des dividendes, accueillir des investisseurs, transmettre votre société ou encore vous rémunérer via la holding. Autrement dit : c’est maintenant que tout se joue.

Pourquoi le choix du statut est stratégique avant la holding

Créer une holding sans avoir pensé en amont au statut de la société d’exploitation, c’est un peu comme construire un duplex alors que le rez-de-chaussée a été fait sans plan. Ça tient… jusqu’au jour où ça ne tient plus.

Le statut juridique de votre société d’exploitation impacte directement :

Avant de fantasmer sur une belle structure holding avec schémas en cascade, commençons par la base : votre société d’exploitation, son statut et vos objectifs.

Clarifier votre projet avant de choisir un statut

Le choix du statut ne se fait jamais “en général”. Il se fait en fonction de vous, maintenant, et de vous dans 3 à 5 ans. Quelques questions incontournables :

Gardez à l’esprit : votre première société d’exploitation aura très probablement vocation à être détenue par une holding plus tard. Autant éviter de devoir tout casser pour reconstruire.

Panorama des principaux statuts avant la création d’une holding

On va passer rapidement en revue les formes les plus courantes, avec un prisme très clair : futur montage avec holding en ligne de mire.

Entreprise individuelle et micro-entreprise : le piège de la fausse simplicité

L’entreprise individuelle (y compris sous le régime micro) est séduisante au démarrage : formalités ultra simples, comptabilité allégée, charges sociales proportionnelles au chiffre d’affaires.

Mais pour préparer une holding, c’est loin d’être l’option idéale :

L’entreprise individuelle peut être un point de départ tactique pour tester une activité, mais si vous avez dès le début l’ambition de structurer un groupe ou de créer une holding, mieux vaut partir directement sur une société (type EURL, SASU, etc.).

EURL / SARL : la structure “classique” protectrice mais parfois rigide

L’EURL (un seul associé) et la SARL (plusieurs associés) restent des valeurs sûres pour de nombreuses PME.

Atouts :

Limites, dans une perspective de holding :

L’EURL/SARL peut très bien s’intégrer dans un schéma avec holding, surtout pour des activités “classiques” (commerces, artisanat, professions de service hors startup). Simplement, anticipez la relative rigidité de la forme.

SASU / SAS : le couteau suisse pour structurer un groupe

La SAS (et sa version unipersonnelle SASU) est devenue la chouchoute des créateurs d’entreprise… et des holdings.

Ses avantages, dans une logique de groupe :

Inconvénient principal : un coût social plus élevé pour la rémunération du président que pour un gérant TNS de SARL. Mais dans un schéma avec holding, on joue souvent sur la rémunération mixte (salaire + dividendes + éventuelles prestations de management fees), qui peut lisser cet écart.

Pour une stratégie clairement orientée vers la création d’un groupe, la SAS/SASU est souvent la voie royale.

SNC, SA et autres formes : les cas plus spécifiques

La SNC (Société en Nom Collectif) engage indéfiniment et solidairement les associés. Autant dire que ce n’est pas le premier choix pour une structure amenée à s’insérer dans un groupe… sauf montages très particuliers.

La SA reste réservée aux projets de taille importante, avec gouvernance plus lourde et obligations renforcées. Elle entre bien dans des schémas de groupes, mais rarement pour une petite ou moyenne structure qui se pose juste la question “statut + holding”.

Dans la très grande majorité des cas, le vrai match se joue entre :

Les critères clés à analyser avant de penser “holding”

Plutôt que de partir de la mode du moment (“tout le monde est en SASU, donc moi aussi”), revenons aux fondamentaux.

Quelques critères déterminants :

La vraie question à vous poser : “Mon statut actuel me permettra-t-il facilement de loger, demain, mes titres dans une holding sans montage bancal ni frottements fiscaux excessifs ?”

Compatibilité de votre statut avec une future holding

Entrons dans le dur : qu’est-ce qui, concrètement, fait qu’une société d’exploitation est “holding friendly” ?

Quelques points techniques, mais déterminants :

Pour bénéficier pleinement de ces mécanismes, il est très utile que la société d’exploitation soit, dès le départ, à l’IS, avec une architecture juridique simple et des statuts propres et à jour.

Quelques cas pratiques : à qui correspond quel statut ?

Parce que la théorie, c’est bien, mais vous voulez savoir “dans la vraie vie, ça donne quoi ?”. Voici trois profils typiques.

Profil 1 : Consultant solo qui vise la constitution d’un patrimoine pro

Vous démarrez seul, en prestation intellectuelle, avec peu d’investissements et un CA potentiellement confortable.

Profil 2 : PME familiale avec plusieurs activités

Vous avez déjà une première société (SARL, par exemple) et envisagez d’ouvrir une nouvelle activité complémentaire.

Profil 3 : Startup avec ambitions de levée de fonds

Vous envisagez une levée de fonds, l’arrivée de business angels ou d’un fonds de VC.

Les erreurs fréquentes qui compliquent la création future d’une holding

Certaines erreurs se payent cher au moment de créer la holding :

Le fil conducteur : ce que vous gagnez en rapidité au démarrage, vous pouvez le perdre en coûts et complexité lors de la mise en place de la holding.

Quand franchir le pas de la holding… et comment s’y préparer dès aujourd’hui

Bonne nouvelle : vous n’êtes pas obligé de créer votre holding dès le premier euro de chiffre d’affaires. Par contre, vous avez tout intérêt à préparer le terrain dès la création de votre première société.

Quelques signaux qui indiquent qu’une holding devient pertinente :

Pour vous y préparer dès maintenant, même si vous n’êtes qu’au choix du statut :

En résumé : le choix du statut juridique n’est pas qu’un sujet de formulaires au greffe. C’est la première brique de votre architecture de groupe. Une SAS ou une SARL bien pensée aujourd’hui, c’est une holding plus simple, plus efficace et moins coûteuse à structurer demain.

La vraie question n’est donc pas seulement “quel statut choisir pour démarrer ?”, mais “quel statut me permettra demain de piloter, via une holding, l’entreprise que je suis en train de créer ?”. À partir de là, les options se clarifient nettement… et votre futur vous remerciera.

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