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Article 150- ter du code des impôts : explications pour optimiser la transmission et la gestion de sa holding

Article 150- ter du code des impôts : explications pour optimiser la transmission et la gestion de sa holding

Article 150- ter du code des impôts : explications pour optimiser la transmission et la gestion de sa holding

Vous avez une holding, des titres qui ont gentiment pris de la valeur… et une petite envie de transmettre ou de réorganiser tout ça sans laisser la moitié de la plus-value au fisc ? Bienvenue dans le merveilleux monde de l’article 150‑0 B ter du Code général des impôts (souvent écorché en « 150‑ter » dans les conversations entre initiés pressés).

Derrière ce nom barbare se cache un outil redoutablement efficace pour optimiser la gestion et la transmission de votre holding, à condition de respecter une mécanique juridique assez précise. On va donc décortiquer tout ça ensemble, calmement, et surtout avec un œil très pratique.

C’est quoi, exactement, l’article 150‑0 B ter ?

L’article 150‑0 B ter CGI organise un report d’imposition de la plus-value que vous réalisez lorsque vous apportez des titres (par exemple de votre société d’exploitation) à une société que vous contrôlez… typiquement, votre holding.

En clair : vous détenez des titres de votre société opérationnelle, ils valent bien plus qu’à l’origine. Normalement, si vous les vendez, vous payez l’impôt sur la plus-value. Mais si, au lieu de les vendre, vous les apportez à une holding que vous contrôlez, l’impôt est mis en pause. Il n’est pas annulé, mais « reporté » jusqu’à la survenance d’un événement ultérieur.

Ce mécanisme est au cœur de nombreuses stratégies :

L’objectif du législateur ? Favoriser la restructuration et le réinvestissement productif, plutôt que d’empêcher tout mouvement par peur du frottement fiscal.

Les conditions pour bénéficier du report d’imposition

Sans les conditions, le régime serait trop beau pour être vrai. Voici les grands critères à respecter pour entrer dans le champ de l’article 150‑0 B ter :

Si tout est bon, la plus-value « latente » réalisée à cette occasion n’est pas taxée immédiatement. Vous basculez alors sous le régime du report d’imposition.

Comment fonctionne ce fameux report ?

Le report, c’est l’art d’appuyer sur le bouton « pause » de l’impôt. Mais comme tout bouton, il y a des cas où il se remet sur « play » tout seul.

Le report prend fin (et l’impôt devient exigible) notamment dans les situations suivantes :

La philosophie est simple : tant que l’on reste dans la logique de réorganisation et d’investissement, le fisc patiente. Dès que l’on se rapproche d’une logique de « cash-out » ou de sortie du schéma, il vient frapper à la porte.

La règle clé si la holding revend les titres apportés

C’est le point sensible (et stratégique) de l’article 150‑0 B ter : que se passe-t-il lorsque la holding revend les titres que vous lui avez apportés ?

En principe, la cession par la holding des titres apportés met fin au report et déclenche l’imposition de la plus-value que vous aviez mise de côté.

Mais le législateur a prévu un mécanisme de « tolérance productive » : si la holding réinvestit au moins 60 % du produit de la cession dans un délai de deux ans dans certaines activités, alors le report peut être maintenu.

En pratique :

Si ce réinvestissement est respecté, le report continue tranquillement sa route. Si ce n’est pas le cas, l’impôt « en sommeil » se réveille et est dû.

C’est ici que naissent les vraies stratégies de gestion de holding : structurer intelligemment le réinvestissement (nouvelle filiale, rachat d’une cible, diversification, immobilier professionnel via une filiale, etc.) pour transformer une vente en nouveau levier de croissance… sans déclencher immédiatement l’imposition de la plus-value initiale.

Optimiser la transmission de sa holding grâce à 150‑0 B ter

L’article 150‑0 B ter ne sert pas uniquement à différer l’impôt lors d’un apport. Il est aussi un outil précieux pour la transmission familiale, particulièrement lorsque vous combinez :

Pourquoi c’est intéressant ? Parce que, dans certains cas, la donation permet de purger définitivement le report d’imposition de la plus-value d’apport. Autrement dit : la plus-value qui aurait été imposable un jour… disparaît.

La mécanique générale (simplifiée) est la suivante :

La donation, dans ce cas, joue un double rôle :

Évidemment, on n’est pas dans le monde des bisounours fiscaux : la donation elle-même est soumise aux droits de mutation à titre gratuit (sauf abattements et autres régimes comme le pacte Dutreil), mais vous remplacez de l’impôt sur la plus-value par une réflexion sur la transmission patrimoniale, plus modulable et souvent plus optimisable.

Combiner 150‑0 B ter et pacte Dutreil : le duo gagnant

Pour les dirigeants de PME familiales, le combo holding + 150‑0 B ter + pacte Dutreil est souvent le cœur d’une stratégie de transmission maîtrisée.

Le pacte Dutreil permet une réduction de 75 % de la base taxable aux droits de mutation pour la transmission d’entreprises (sous conditions d’engagements de conservation et de poursuite de l’activité). Quand vous ajoutez à cela :

… vous obtenez un schéma où :

Attention cependant : plus le schéma est puissant, plus il est scruté par l’administration. L’abus de droit fiscal n’est jamais très loin si l’on crée des montages purement artificiels, sans substance économique ou sans vraie logique de transmission et de gestion.

Holding animatrice, passive, et substance : ne jouez pas avec les étiquettes

Dans beaucoup de stratégies autour de 150‑0 B ter et du pacte Dutreil, on retrouve une notion clé : celle de la holding animatrice. C’est la holding qui, au-delà de détenir des participations, joue un vrai rôle de direction, de pilotage, de prestation de services internes, etc.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que :

Concrètement, si vous voulez utiliser 150‑0 B ter pour structurer et transmettre votre patrimoine via une holding :

C’est souvent cette ligne fine – mais réelle – entre optimisation et montage artificiel qui fait la différence en cas de contrôle.

Cas pratique : vendre son entreprise et réinvestir via une holding

Imaginons :

Scénario 1 : vous vendez en direct.

Scénario 2 : vous apportez d’abord vos titres à une holding que vous contrôlez, sous 150‑0 B ter, puis c’est la holding qui vend.

Vous avez donc transformé la vente de votre entreprise en carburant pour votre propre « fonds d’investissement privé » détenu via la holding… tout en temporisant l’impôt personnel sur la plus-value initiale.

À partir de là, vous pouvez :

Les réflexes à adopter avant de toucher à votre holding

Avant de lancer un apport, une cession ou une donation en s’appuyant sur 150‑0 B ter, gardez en tête quelques réflexes simples :

En résumé : un outil puissant, à manier avec méthode

L’article 150‑0 B ter du CGI est l’un des piliers des stratégies modernes de gestion et de transmission de holdings :

Autrement dit, 150‑0 B ter n’est pas une baguette magique pour « effacer » l’impôt ; c’est un levier pour l’articuler intelligemment autour de vos choix de dirigeant, d’investisseur et de parent. Utilisé à bon escient, il permet de transformer une simple vente ou transmission en véritable stratégie de groupe.

Et si vous en êtes au stade où vous avez déjà une holding, des projets, et un ou deux enfants qui commencent à poser des questions du type « Et l’entreprise, on en fait quoi plus tard ? », c’est probablement le bon moment pour mettre 150‑0 B ter au cœur de la conversation avec vos conseils.

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